Rapport sur le commerce mondial des espèces sauvages
Septembre 2023 - La CITES et ses partenaires viennent de publier le rapport sur le commerce mondial des espèces sauvages.
Extrait du rapport CITES - Droits d’auteur : © 2022 Secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES)
Nous utilisons des millions de produits dérivés d’animaux et de plantes sauvages dans notre vie quotidienne, souvent sans avoir conscience de notre relation et de notre interdépendance avec la nature et son milieu de vie.
Le commerce existe depuis le néolithique, comme nous le rappelle l’étude de l’Histoire et des données archéologiques provenant des civilisations aztèque,
inca et maya, de la route commerciale de la soie,des aventures de Marco Polo, des peuples de la Mésopotamie et de la vallée de l’Indus, des bassins de l’Amazone et du Congo et de bien d’autres régions du monde. La répartition géographique des échanges (l’achat et la vente de produits correspondant à nos envies et à nos besoins) a évolué depuis l’apparition des premières relations commerciales, entre 9 000 et 6 000 ans avant Jésus-Christ. La demande de plantes sauvages « exotiques » utilisées comme épices, encens ou parfums dans le monde antique a mené à la création d’un vaste réseau de routes commerciales. Toutefois, il est impossible de comparer l’ampleur, les tendances et les modèles propres à ce type d’échanges commerciaux à l’économie mondialisée d’aujourd’hui, qui concerne 8 milliards de personnes.
Comme nous le savons, la CITES est le traité mondial qui réglemente le commerce international des près de 40 000 espèces d’animaux et de plantes sauvages, y compris le bois et les espèces marines, inscrites à ses Annexes. Le présent Rapport sur le commerce mondial des espèces sauvages est une première tentative de donner une vue d’ensemble aussi complète que possible de tous les volets du commerce des espèces sauvages. Il examine les itinéraires, l’ampleur et les modalités du commerce international des espèces inscrites à la CITES, ainsi que la valeur, les effets sur la conservation et les avantages socio-économiques de ces échanges, tout en abordant les liens entre le commerce légal et le commerce illégal. Il entend présenter une vision équilibrée des aspects positifs et négatifs du commerce des espèces sauvages.
À l’approche du 50e anniversaire de la signature de la CITES à Washington D.C., le 3 mars 1973, il est opportun d’avoir une vision plus claire du commerce mondial des espèces sauvages réglementé par la Convention. Cet exercice est d’autant plus pertinent que la CITES se trouve aujourd’hui plus que jamais au croisement du commerce, de la protection de l’environnement et du développement. L’objectif commun de tous les partenaires ayant contribué à la préparation du présent rapport est de parvenir à l’utilisation durable, légale et traçable des espèces sauvages, conformément aux objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies.
Le présent rapport a pour objet principal de détailler les nombreuses plus-values que présente le commerce des spécimens sauvages d’animaux et de plantes et de relancer l’appel en faveur d’un investissement accru dans le milieu naturel pour faire face à la crise de la biodiversité. L’Asie et l’Europe restent les deux principales régions exportatrices et importatrices d’espèces dont le commerce est réglementé par la CITES, l’Asie totalisant 37 % des exportations et 31 % des importations et l’Europe 34 % des exportations et 38 % des importations. Le présent rapport révèle que la proportion de plantes d’origine sauvage échangées a diminué au cours des dix dernières années pour atteindre 4 %, compte tenu du nombre total de plantes faisant l’objet d’un commerce. En d’autres termes, la grande majorité des plantes commercialisées sont reproduites artificiellement et ne sont plus « sauvages ». En ce qui concerne les animaux, bien que l’élevage en captivité soit en augmentation, une proportion substantielle des échanges concerne toujours des spécimens sauvages, ce qui nécessitera une surveillance constante afin d’améliorer notre compréhension du commerce mondial des espèces sauvages.
Les auteurs du présent rapport pilote ont eu la chance de disposer des données primaires que les Parties ont fournies dans leurs rapports annuels et téléchargées dans la base de données sur le commerce CITES. Ils ont également tout mis en œuvre pour rechercher et analyser les informations disponibles sur la valeur, les effets sur la conservation et
les effets socio-économiques des échanges d’espèces sauvages. Le présent rapport met en évidence un certain nombre de problèmes liés à la méthodologie et aux données qui empêchent la réalisation d’une évaluation définitive, tout en fournissant néanmoins des indications claires sur la nature, l’ampleur et les différentes valeurs de ces échanges commerciaux, ainsi que sur certains de leurs effets sur les populations et les espèces sauvages.
Bien que le rapport que vous êtes sur le point de lire propose des perspectives utiles et contribue à combler le manque d’informations, il est évident que les efforts de collecte et d’analyse des données présentent des limites et que des contributions supplémentaires seront nécessaires pour rendre les exercices de même nature encore plus utiles. Nous estimons que ces derniers amélioreront considérablement notre compréhension du commerce des espèces inscrites à la CITES et qu’ils contribueront à la mise en œuvre de la Convention et à la réalisation de la Vision de la stratégie CITES : 2021-2030 et des ODD. J’espère sincèrement que ces informations vous seront utiles et je me réjouis de recevoir vos conseils et contributions.
Au nom du Secrétariat de la CITES, je voudrais remercier notre alliance mondiale d’organisations partenaires pour leur engagement actif dans cette initiative et les organisations qui ont participé à la rédaction du présent rapport pour leurs efforts remarquables. Je remercie chaleureusement le Programme des Nations Unies pour l’environnement et le gouvernement chinois pour leur généreuse contribution financière qui a rendu possible la préparation du présent rapport.
Ivonne Higuero
Secrétaire générale de la CITES





