Les travaux Post CoP20 - Pernambouc (Paubrasilia echinata)
Suite à la 20ème session de la Conférence des Parties 2025, vous trouverez sur cette page un agenda des prochains comité CITES et les travaux en cours et à venir sur les deux sujets : pernambouc (Paubrasilia echinata) et grenadille (Dalbergia melanoxylon)
Les prochains comités CITES qui se dérouleront à Genève
– Séance conjointe des Comités pour les animaux et pour les plantes : vendredi 17 juillet 2026
– 28e session du Comité pour les plantes : lundi 20 juillet – jeudi 23 juillet 2026
– 81e session du Comité permanent : lundi 2 novembre – vendredi 6 novembre 2026
FAQ – Nouvelles règles concernant le pernambouc (Paubrasilia echinata)
La Commission européenne publie une FAQ destinée aux musiciens, archetiers, fabricants d’instruments et commerçants afin d’expliquer les changements récents des règles CITES applicables au pernambouc (Paubrasilia echinata).
Ce document répond aux principales questions concernant notamment les voyages avec des archets, l’achat et la vente d’archets en pernambouc, ainsi que les obligations réglementaires applicables.
👉 Téléchargez la FAQ complète en Anglais pour consulter toutes les informations - Téléchargez notre traduction en français du document
Cette FAQ est un document évolutif et sera mise à jour régulièrement afin de tenir compte des clarifications et des nouvelles informations disponibles.
A noter : Dans le cas d'une demande de Certificat de réexportation, il convient de savoir si le pays destinataire de l'archet soumet cet importation à un permis. A ce jour, 07 mars 2026, voici la liste non exhaustive des pays qui exigent un permis d'importation pour un archet en pernambouc :
- Australie
- Mexique
- République de Corée
- Royaume-uni
- Singapour
- Suisse
- Union Européenne
Présentation de la fiche pratique – Musiciens et archets en pernambouc
À compter du 5 mars 2026, l’application de l’annotation #10 (Rev. CoP20) de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) entraîne une révision des règles applicables aux archets fabriqués en pernambouc (Paubrasilia echinata), notamment pour les musiciens qui voyagent ou commercialisent leurs archets.
La fiche pratique ci-jointe vise à présenter de manière simple les règles applicables lors des passages de frontières, en distinguant les mouvements non commerciaux, qui concernent la majorité des déplacements des musiciens, et les mouvements commerciaux, qui relèvent d’un régime documentaire plus strict.
1. Les déplacements non commerciaux des musiciens
Dans la grande majorité des situations, les déplacements des musiciens avec leur archet s’inscrivent dans un cadre non commercial. L’annotation #10 (Rev. CoP20) prévoit que ces mouvements peuvent être réalisés sans certificat CITES, sous certaines conditions.
Au sein de l’Union européenne, aucun certificat CITES n’est requis pour voyager avec un archet en pernambouc.
De même, pour les déplacements hors de l’Union européenne à des fins non commerciales, aucun certificat n’est exigé, à condition que l’objet du voyage corresponde à une utilisation personnelle ou professionnelle ne relevant pas d’une transaction commerciale.
Cela inclut notamment les situations suivantes :
-
concerts ou spectacles (rémunérés ou non)
-
usage personnel
-
expositions
-
prêts d’instruments ou d’archets
-
concours
-
activités pédagogiques
-
évaluations ou expertises
-
réparations
Dans ces cas, les musiciens doivent simplement être en mesure de justifier l’objet non commercial de leur déplacement en cas de contrôle.
Cette disposition vise à garantir la circulation des musiciens et la diffusion de la musique, tout en maintenant le cadre de protection des espèces prévu par la CITES.
2. Les mouvements commerciaux d’archets
En revanche, lorsqu’un archet fait l’objet d’une vente ou d’une transaction commerciale, les règles sont différentes.
Au sein de l’Union européenne, aucun certificat CITES n’est requis pour la vente d’un archet en pernambouc, l’espèce étant inscrite à l’Annexe B de la réglementation européenne (équivalent de l’Annexe II de la CITES).
En revanche, pour les transactions impliquant un pays situé hors de l’Union européenne, un certificat CITES devient obligatoire pour exporter ou importer l’archet.
C’est par exemple le cas pour des échanges entre la France et des pays tiers tels que le Royaume-Uni, la Suisse, le Japon ou les États-Unis.
3. L’importance de conserver les documents justificatifs
Même en l’absence de projet de vente immédiat, il est fortement recommandé de conserver ou rassembler dès maintenant les documents permettant d’établir la situation de l’archet, notamment :
-
une facture ou tout document attestant la détention de l’archet avant le 5 mars 2026,
-
une déclaration de matériaux,
-
un certificat d’authenticité ou une preuve d’ancienneté.
Ces documents peuvent être nécessaires pour l’obtention d’un certificat CITES en cas de transaction internationale.
4. Autres matériaux protégés
Enfin, il convient de rappeler que certains archets peuvent également contenir d’autres matériaux inscrits aux annexes de la CITES, tels que l’ivoire, l’écaille ou le fanon de baleine, qui sont soumis à permis CITES.

À l’occasion de la 20ᵉ Conférence des Parties à la CITES (CoP20), les États Parties ont décidé de maintenir le pernambouc (Paubrasilia echinata) à l’Annexe II de la Convention, tout en adoptant une nouvelle Annotation #10 spécifiquement conçue pour répondre aux réalités du monde musical.
Cette décision est le résultat d’un dialogue approfondi entre autorités CITES et représentants du secteur musical. Elle vise à protéger durablement l’espèce, tout en garantissant la continuité de la fabrication, de l’utilisation et de la circulation des archets.
La nouvelle annotation #10 obtenue par consensus lors d'un groupe de travail spécifique et adoptée en session plénière le 5 décembre entrera en vigueur le 5 mars 2026 :
Sont soumis à permis CITES : « Toutes les parties et tous les produits, sauf les instruments de musique finis, les accessoires pour instruments de musique finis et des parties d’instruments de musique finis destinés au commerce à des fins non commerciales, uniquement en vue d’un spectacle rémunéré ou non, d’un usage personnel, d’une exposition, d’un prêt, d’un concours, à des fins pédagogiques, d’évaluation ou de réparation, à condition que cela ne change pas la propriété et qu’un tel transport ne soit pas destiné à la vente, au transfert ou à la cession du spécimen en dehors de l’État de résidence habituelle du propriétaire. Quota zéro pour les spécimens prélevés dans la nature (code de source W) commercialisés à des fins commerciales. »
1 - Cela signifie que le commerce d'archets finis (hors UE) sera dorénavant soumis à permis CITES.
2 - Sont exemptés de permis CITES les mouvements non-commerciaux d'archets finis uniquement en vue :
a) d’un spectacle rémunéré ou non,
b) d’un usage personnel,
c) d’une exposition,
d) d’un prêt,
e) d’un concours,
f) à des fins pédagogiques,
g) d’évaluation ou de réparation,
à condition que cela ne change pas la propriété et qu’un tel transport ne soit pas destiné à la vente, au transfert ou à la cession du spécimen en dehors de l’État de résidence habituelle du propriétaire.
Important : Les musiciens devront donc être en mesure de démontrer lors d’un éventuel contrôle douanier que le déplacement de leur archet correspond bien à un des cas d’exemption mentionnés ci-dessus.
A noter : cette révision de l'annotation #10 est accompagnée de plusieurs décisions constituant une véritable feuille de route, qui ont été adoptées afin de renforcer les exigences concernant les stocks existants et la traçabilité (feuille de route qui vous sera présentée ultérieurement).
La mise en œuvre de ce “package” (l’Annotation #10 révisée et ces Décisions) sera scrutée à la loupe tout au long de la période triennale qui nous sépare de la CoP21 (qui devrait se tenir à Panama en 2028), notamment à l’occasion des Comités pour les Plantes et Permanent de la CITES, puis lors de la prochaine CoP.
Sa mise en œuvre doit donc être effective au plus vite, nous y travaillerons avec les autorités concernées sans délai et sans attendre l’entrée en vigueur en mars/avril prochain du Règlement européen transposant ces nouvelles dispositions en droit UE. Document officiel
Synthèse des décisions CoP20
Document officiel à télécharger
1. Logique d’ensemble : une chaîne décisionnelle complète
Les décisions 20.AA à 20.EE forment un dispositif cohérent et progressif, qui va :
- de la collecte d’informations (20.AA),
- à leur analyse structurée (20.BB),
- à leur validation scientifique (20.CC),
- à leur traduction politique (20.DD),
- et enfin à la mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés (20.EE).
L’objectif n’est ni l’interdiction des archets, ni la sanctuarisation aveugle des usages, mais la construction d’un cadre durable, légal et crédible, conciliant :
- la survie de l’espèce,
- la réalité historique et culturelle de la facture d’archets,
- et la sécurité juridique du commerce international.
20.AA – Fonder les décisions sur des données réelles
La décision 20.AA confie aux Parties (États), en particulier les Parties d’origine (le Brésil), de transit et de destination de Paubrasilia echinata sont
instamment priées:
- Systèmes de traçabilité existants ou envisageables → 20.AA c) i) A
- Opinions sur une approche harmonisée de traçabilité → 20.AA c) i) B
- Facteurs de conversion bois → archets → 20.AA c) i) C
- Stocks nationaux de bois et de baguettes → 20.AA c) ii)
- taille des stocks (nombre / volume) → 20.AA c) ii) A
- date de prélèvement → 20.AA c) ii) B
- documents d’importation → 20.AA c) ii) C
- difficultés et possibilités d’évaluation → 20.AA c) ii) D
- Rapport sur le nombre d’archets pouvant être produits à partir des stocks → 20.AA c) iii)
- Capacités des sources non sauvages (plantations, exploitations) → 20.AA c) iv)
- Actions de sensibilisation, réduction de la demande et recherche d’alternatives → 20.AA c) v)
👉 Message clé : la CITES reconnaît que sans données réalistes, aucune décision proportionnée n’est possible. → ensemble de 20.AA a) à g)
20.BB – Structurer, comparer et analyser l’information
La décision 20.BB confie au Secrétariat CITES un rôle de chef d’orchestre technique :
Appels à information et structuration des données
- Lancer des appels à informations ciblés (facteurs de conversion) → 20.BB a) (référence directe à 20.AA c) i))
- Regrouper et diffuser les données collectées → 20.BB b) → 20.BB c) i) (informations issues de 20.AA c) ii) à v))
Études et analyse de la traçabilité
- Analyser les mécanismes possibles de traçabilité → 20.BB c) ii) A
- Comparer les pratiques existantes et exemplaires → 20.BB c) ii) B
- Évaluer le coût et l’applicabilité des mécanismes → 20.BB c) ii) B
Examiner l’interopérabilité entre systèmes distincts → 20.BB c) ii) B
Outils techniques
- Critères techniques de classement du bois d’archet → 20.BB c) iii)
👉 Message clé : la traçabilité recherchée doit être techniquement crédible, économiquement réaliste et internationalement cohérente.
20.CC – Garantir la solidité scientifique
La décision 20.CC place le Comité pour les plantes au cœur du dispositif scientifique :
Analyse scientifique globale
- Analyse croisée des résultats 20.AA, 20.BB et 20.EE → 20.CC a)
- Contribution au cahier des charges des études → 20.CC b) (renvoi à 20.BB c) ii))
Facteur de conversion
- Élaboration d’un facteur de conversion moyen bois → archets → 20.CC c)
- grumes entières
- bois scié
Codes de source
- Évaluation de l’adéquation des codes de source pour le bois non sauvage → 20.CC d)
- Recommandations si les codes A ou Y sont inadaptés→ 20.CC d) (seconde phrase)
👉 Message clé : les futurs choix politiques devront être scientifiquement défendables, notamment face aux réalités de la facture d’archets.
20.DD – Transformer l’expertise en orientations politiques
La décision 20.DD confie au Comité permanent le rôle de charnière politique :
Examen et intégration des travaux
- Examen des rapports issus de 20.BB et 20.CC → 20.DD a) (chapeau)
- Travail avec toutes les parties prenantes, y compris économiques → 20.DD a)
Recommandations à la CoP21
- Approche harmonisée de la traçabilité (archets, baguettes, bois) → 20.DD a) i)
- Distinction bois pré-Convention / stocks post-inscription → 20.DD a) i)
- Autres activités pertinentes issues de 20.AA à 20.EE → 20.DD a) ii)
Demande et substitution
- Campagnes de réduction de la demande → 20.DD b)
- Recherche et promotion de matériaux de substitution → 20.DD b)
👉 Message clé : c’est ici que se joueront les arbitrages structurants pour l’avenir de la filière.
20.EE – Mobiliser tous les acteurs, au-delà des États
La décision 20.EE élargit explicitement la responsabilité à :
- l’industrie musicale,
- les commerçants et producteurs,
- les ONG,
- les institutions scientifiques et culturelles.
Elle encourage :
Soutien financier et opérationnel
- Financement et commentaires pour 20.AA et 20.BB → 20.EE a)
- Adoption volontaire d’une approche harmonisée de traçabilité → 20.EE b)
Projets de conservation et d’alternatives
- Lutte contre le prélèvement et le commerce illégaux → 20.EE c) i)
- Recherche de matériaux de substitution pour archets → 20.EE c) ii)
- Conservation de l’espèce et restauration de l’habitat → 20.EE c) iii)
- Création d’aires protégées → 20.EE c) iv)
Sensibilisation
- Sensibilisation au risque d’extinction et au lien avec la musique → 20.EE d)
Recherche scientifique et technique
- Sylviculture de Paubrasilia echinata → 20.EE e) i)
- Qualité du bois issu d’arbres plantés pour archets → 20.EE e) ii)
- Technologies d’identification (NIR, etc.) → 20.EE e) iii)
👉 Message clé : la conservation de Paubrasilia echinata est présentée comme une responsabilité collective, et non uniquement réglementaire.
Une démarche devenue essentielle à la lumière des décisions de la CoP20
Les archets, qu’ils soient anciens ou contemporains, peuvent intégrer des matériaux provenant d’espèces inscrites aux annexes de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). C’est notamment le cas du bois de pernambouc (Paubrasilia echinata), mais également d’autres essences végétales ou composants d’origine animale susceptibles d’être réglementés.
Les décisions adoptées lors de la 20ᵉ Conférence des Parties (CoP20), et en particulier la nouvelle annotation #10 (Rev. CoP20), ont renforcé l’importance de distinguer clairement les mouvements commerciaux des mouvements non-commerciaux lors du passage des frontières avec des instruments de musique et leurs accessoires.
Pourquoi établir une déclaration de matériaux ?
En l’absence d’un document décrivant précisément la composition d’un archet, son propriétaire peut être confronté à une incertitude juridique, notamment :
- lors d’un passage de frontière (vente, tournée, concours, réparation, expertise, dépôt-vente) ;
- dans le cadre d’une demande de permis CITES ;
- à l’occasion d’un contrôle douanier ;
- lors d’une cession, d’une donation ou d’une transmission.
La nouvelle annotation #10 (Rev. CoP20) identifie huit catégories de mouvements transfrontaliers considérés comme non-commerciaux, parmi lesquels :
- spectacle (rémunéré ou non),
- usage personnel,
- exposition,
- prêt,
- concours,
- activités pédagogiques,
- évaluation,
- réparation,
à condition qu’il n’y ait aucun changement de propriété et que le transport ne soit pas destiné à la vente, au transfert ou à la cession du spécimen en dehors de l’État de résidence habituelle du propriétaire.
Dans ces situations, un permis CITES n’est pas requis, à la condition que le caractère non-commercial du mouvement puisse être démontré en cas de contrôle.
Ce qui constitue un mouvement commercial
Est considéré comme commercial tout passage de frontière impliquant :
- une vente ;
- un achat ;
- une cession à titre onéreux ;
- une cession à titre gratuit (donation, succession, transmission) ;
- un dépôt-vente ;
- tout transfert de propriété ;
- ou toute finalité commerciale.
La gratuité n’exclut donc pas le caractère commercial au sens de la CITES dès lors qu’il existe un changement de propriétaire à l’international.
Dans ces cas, si l’archet contient un matériau inscrit aux annexes, un permis CITES peut être requis.
Un outil de traçabilité conforme aux exigences internationales
Même lorsqu’un permis n’est pas nécessaire (dans le cas des huit mouvements non-commerciaux), il est fortement recommandé d’accompagner l’archet d’une documentation adaptée.
1. Démontrer le caractère non-commercial du déplacement
Par exemple :
- contrat de tournée ;
- invitation à un festival ou concours ;
- attestation d’inscription ;
- bon de réparation ;
- déclaration sur l’honneur.
L’objectif est d’éviter toute ambiguïté lors d’un contrôle.
2. Documenter précisément les matériaux utilisés
Une déclaration de matériaux permet :
- d’identifier les espèces présentes ;
- d’indiquer si elles sont inscrites aux annexes ;
- de préciser la portée éventuelle d’une annotation ;
- de faciliter l’évaluation par les autorités compétentes.
Pour un mouvement commercial, cette documentation constitue un appui essentiel à la demande de permis.
Pour un mouvement non-commercial, elle représente une mesure préventive de sécurisation.
Attention : la déclaration ne remplace pas un permis CITES
Il est important de rappeler que la déclaration de matériaux :
- ne constitue pas une dérogation aux obligations de la Convention ;
- ne remplace pas un permis lorsque celui-ci est requis ;
- ne modifie pas le statut juridique du spécimen.
Il s’agit d’un document technique établi par un professionnel compétent afin de :
- clarifier la composition de l’archet ;
- sécuriser les passages de frontière ;
- faciliter les démarches administratives si nécessaire.
Une approche responsable au service des musiciens et de la conservation
L’objectif n’est pas d’imposer une contrainte supplémentaire, mais de :
- anticiper les difficultés aux frontières ;
- prévenir les blocages administratifs ;
- démontrer le caractère non-commercial des déplacements lorsque cela s’applique ;
- assurer la transparence sur le statut réglementaire des matériaux.
Dans le contexte des décisions issues de la CoP20, la traçabilité et la clarté documentaire sont devenues des éléments essentiels pour concilier :
- la conservation des espèces ;
- la libre circulation des musiciens ;
- et la sécurité juridique des propriétaires d’archets.
Une déclaration de matériaux bien établie constitue aujourd’hui un outil stratégique de sécurisation, au croisement des exigences de la conservation et des réalités professionnelles du monde musical.
En savoir plus sur la déclaration de matériaux sur le site de l'IPCI France-Europe





