Entretien avec Marion Lainé
1. Pouvez-vous nous présenter votre entreprise en quelques mots ?
Je suis restauratrice de pianos et mon atelier est installé en Savoie depuis 2010.
Mon travail s’inscrit dans une démarche de transmission d’un patrimoine instrumental, dans un degré d’exigence constant, qu’il soit destiné aux particuliers comme aux pianistes de grand renom international.
En effet, la restauration de pianos implique la maîtrise de nombreux savoir-faire matériels (travail du feutre, du bois, du métal, des vernis...) et immatériels, c’est-à-dire la parfaite compréhension des techniques d’harmonisation entre toucher et sonorité, afin d’élever l’instrument au niveau musical qui inspire et émerveille.
Ainsi, je suis également préparatrice de pianos pour des concerts et des enregistrements d’une très haute exigence.
En 2019, j’ai prêté serment pour devenir Expert près la Cour d’Appel de Chambéry, gage de professionnalisme et de probité.
J’ai reçu le titre de Maître Artisan en Métier d’Art de la CMA en 2021.
Je suis ancienne Elève du Maitre d’Art, Sylvie Fouanon – Pianos Balleron, atelier également détenteur du Label.
2. Pourquoi avoir demandé le label pour votre entreprise et qu’en attendez-vous ?
Je suis membre de la CSFI depuis 2018 et j’ai accueilli la création du label avec gratitude. Les labels sont pour moi :
- Une reconnaissance de mes pairs, dans ma profession ou dans la facture instrumentale et les métiers d’art en général ;
- L’engagement à répondre à une charte qualitative qui doit être un repère pour les clients et futurs clients. En qualité d’expert de justice, la récurrence de mes interventions fait suite à une mauvaise orientation du client lors du choix de l’atelier auquel il a confié son instrument ;
- Une manière forte de fédérer une éthique et un discours que nous pouvons faire rayonner ensemble.
3. Que diriez-vous aux luthiers et facteurs de France pour les inciter à obtenir le label ?
La force du label ne réside pas, selon moi, dans la quantité de ses membres, mais dans leur qualité.
Il est cependant capital que le plus grand nombre connaisse son existence, sur l’ensemble du territoire, afin qu’une cartographie solide des ateliers de confiance puisse se tisser.
Ainsi, j’incite les acteurs de la facture instrumentale française à conjuguer leur exigence qualitative à celle de leurs pairs.
Entretien réalisé par Joanne Mané - Avril 2024











